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Le Devoir.com

Près de Maniwaki - Les Algonquins de Kitigan Zibi ont toujours des problèmes d'eau potable

PC
Édition du vendredi 11 août 2006

Mots clés : Québec (province), Autochtone, kitigan zibi, algonquins

Québec -- La communauté algonquine de Kitigan Zibi, à proximité de Maniwaki, connaît des problèmes d'eau potable depuis une dizaine d'années.

«Il y a un risque élevé à Kitigan Zibi, où il y a des dépôts d'uranium dans une source d'eau potable», a rappelé hier le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, devant un comité d'experts chargé par le gouvernement fédéral d'analyser la qualité de l'eau potable dans les communautés autochtones au Canada.

Ailleurs au Québec, la qualité de l'eau de consommation disponible dans les villages autochtones paraît acceptable, selon M. Picard.

Une étude récente révélait toutefois qu'à Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, on trouve dans l'eau potable un sous-produit du traitement de l'eau par chloration. Le rapport mentionne également que 15 des 37 systèmes qui alimentent des communautés autochtones ont besoin de réparations.

Les problèmes d'approvisionnement en eau potable des 1500 Algonquins de Kitigan Zibi datent d'au moins dix ans. L'eau des puits contient de fortes concentrations d'uranium, un élément radioactif qui nuit aux fonctions rénales.

En 1999, Santé Canada a demandé que l'eau de l'endroit ne soit pas consommée. Depuis, de l'eau embouteillée est distribuée aux quelque 1500 résidants de Kitigan Zibi, dans le cadre d'un programme qui coûte 200 000 $ par année à Ottawa. On cherche toujours une solution permanente.

Groupe d'experts

Ailleurs au Canada, quelque 80 collectivités amérindiennes ont été avisées de faire bouillir leur eau avant de la consommer. On compte 21 collectivités dont le cas est jugé plus risqué et où des mesures correctrices ont dû être mises en place.

C'est pourquoi le gouvernement fédéral a créé un groupe d'experts pour analyser la salubrité de l'eau potable dans les collectivités autochtones et suggérer une réglementation. Le groupe d'experts est dirigé par Harry Swain, de l'Institut canadien d'études climatologiques, qui a présidé un comité de recherche pour l'enquête de Walkerton. Le comité Swain était de passage à Québec hier.

Dans son témoignage, le chef innu Ghislain Picard a expliqué que la question de fond demeurait la prise de contrôle des communautés autochtones sur la gestion de leur eau potable. «Il faudrait regarder à moyen terme la possibilité que les communautés autochtones exercent un plus grand contrôle sur la gestion de l'eau potable», a-t-il dit.

Ces communautés devraient pouvoir élaborer leur propre règlement en matière d'eau potable, pour autant qu'il s'harmonise aux standards québécois.

Le but final est de s'assurer que les peuples autochtones jouissent de services équivalents à ceux de l'ensemble des Québécois en matière d'accès à une eau potable de qualité. «Le gouvernement fédéral dit que sa responsabilité est limitée, mais il est inacceptable qu'au Canada des communautés n'aient pas le service minimal en matière d'eau potable», a conclu M. Picard.

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