L'APEHL reçoit plus de 700 appuis
Moratoire sur l'exploitation de l'uranium

Luc Bélisle
Environnement - 18 mars 2008 Mise à jour à 11:04:36

Photo: Luc Bélisle
De gauche à droite, tenant le mémoire de l'APEHL: La députée Johanne Deschamps,
François Lapierre du comité uranium, Réal Richer, président de l'APEHL et Élaine
Brière, du bureau du député Sylvain Pagé.

 

L'Association pour la protection de l'environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) mène un combat constant contre la possibilité pour certaines compagnies minières d'exploiter l'uranium que contient le sol de notre MRC, principalement au nord de Mont-Laurier. Les appuis à l'APEHL pour leur demande de moratoire se chiffrent maintenant au-dessus de la barre des 700.

L'APEHL a rédigé un mémoire demandant un moratoire de cinq ans «contre toute activité d'exploration ou d'exploitation d'uranium sur l'ensemble du territoire québécois». Au terme de ces cinq années, l'APEHL souhaite l'adoption d'un décret législatif par l'Assemblée nationale afin de fermer définitivement la porte à ce type d'exploitation minière jugé extrêmement dangereux pour tout ce qui vie sur terre. «Au Québec, l'industrie minière jouit de beaucoup de privilèges», précise François Lapierre du comité uranium de l'APEHL.

Pour ajouter du poids à sa demande, l'APEHL a sollicité des appuis à travers la province au cours des douze derniers mois. Les réponses positives sont venues d'individus, d'organismes, de municipalités et de MRC. Dans Antoine-Labelle, la MRC n'a pas appuyé pour l'instant cette demande de moratoire, de même qu'une majorité de municipalités, jugeant pour l'instant l'information insuffisante pour trancher. Le député de Labelle, Sylvain Pagé, a déjà remis le mémoire de l'APEHL aux ministres des Ressources naturelles et à la ministre de l'Environnement, tout en continuant de sensibiliser les parlementaires, principalement ceux de son parti politique, aux vides qui subsistent quant à l'encadrement de l'exploitation de ce minerai radioactif. En fait, précise François Lapierre, aucune province canadienne ne possède de législation assurant une bonne protection de l'environnement et des êtres vivants. La députée de Laurentides-Labelle, Johanne Deschamps, a reçu le mémoire cette semaine et prendra à son tour le bâton du pèlerin auprès des instances gouvernementales fédérales pour une législation plus restrictive en la matière.

Dans une présentation cette semaine, l'APEHL démontrait que le nombre d'entreprises de prospection minière détenant des lots (claims) avait fait un bond très important dans notre MRC. La valeur record actuellement de la livre d'uranium n'est pas étrangère à l'intérêt accru de ces entreprises. Si la teneur en uranium obtenue jusqu'à maintenant par la prospection est faible, très faible dans la très grande majorité des cas, la flambée du prix de l'uranium pourrait, craint l'APEHL, rendre l'extraction rentable comme cela a été le cas avec les sables bitumeux de l'Alberta, longtemps jugés comme trop onéreux à extraire, mais devenus une mine d'or avec les sommets atteints par le prix du baril de pétrole.

Si l'exploration par la prise de «carottes» peut libérer une plus grande quantité de radon dans l'environnement, croit l'APEHL, qu'en serait-il d'une exploitation à ciel ouvert? En plus de cette hausse, l'APEHL tient à alarmer la population et les élus sur la grande quantité de déchets que l'exploitation génèrerait. La teneur observée jusqu'à maintenant se situe dans des valeurs se comptant en dixième de un pourcent. En fait, dans le «meilleur» des cas, soutient l'APEHL, 99,75 % du matériel extrait serait en déchet! Notre environnement, qu'on tente de mettre en valeur pour le récréotourisme, en prendrait tout un coup, estime l'APEHL. «Notre industrie touristique est embryonnaire et ne peut cohabiter avec des mines d'uranium », juge Johanne Deschamps. De son côté, Élaine Brière, attachée politique du député Pagé, rappelle que «la santé publique a fait un lien entre le taux élevé de cancer dans les Laurentides et la présence du radon».

Environnement, santé publique, la lutte de l'APEHL s'inscrit dans le haut des priorités de la population et se poursuivra. L'organisme tient cette industrie sous haute surveillance dans la région.