COMMUNIQUÉ
Destinataires: Communautés locales de la grande région de Mont-Laurier
Provenance: Serge Genest, OMÉGALPHA
Date: 5 juin 2006
Objet: «URANIUM DANS LA RÉGION DE MONT-LAURIER»
Préambule
Le présent communiqué a été rédigé suite à un entretien téléphonique avec madame Élaine Brière, l'attachée politique de votre Député du Comté de Labelle, monsieur Sylvain Pagé. Pourquoi rédiger un tel communiqué? Bien simple. J'ai compris que vous étiez nombreux à vous interroger au sujet des activités de prospection d'uranium dans la région et que le bureau du Député était à la recherche de ressources compétentes en la matière pour mieux évaluer ce qui se passe actuellement. Est-ce par hasard si le bureau du Député a communiqué avec Omégalpha? Non. Le bureau a communiqué avec nous après avoir pris connaissance de nos intentions de prospection dans une publicité achetée dans «l'Écho de La Lièvre» le week-end dernier.
Après que l'attachée politique du député du Comté de Labelle m'ait exposé le vent de panique qui régnait dans la région au sujet des activités d'exploration qui y sont réalisées, j'ai crû avoir le devoir moral de calmer les esprits, et ce dans le plus grand intérêt des contribuables de la région. Pour ce faire, je tenterai donc de vous expliquer en quelques lignes:
les principales règles entourant la prospection;
pourquoi le nucléaire est de plus en plus populaire;
l'engouement pour l'uranium dans votre région; et
l'intérêt de connaître la situation réelle quant à la présence d'uranium dans votre environnement, et ce pour tout développement démographique futur.
Règles de prospection
Tout individu ou société légalement constituée a le privilège d'explorer et d'exploiter les ressources minérales qui pourraient se retrouver sous la surface du sol moyennant certaines conditions et le paiement de droits. Le Gouvernement du Québec a d'ailleurs facilité le travail de jalonnement et contribué à réduire les impacts négatifs de la prospection sur l'environnement en permettant de jalonner sur carte (GESTIM), plutôt que de procéder sur le terrain avec des lignes coupées, du marquage d'arbres et l'installation de piquets de claims.
Un permis d'exploration est valide pour deux ans. Si le prospecteur ne réalise aucun travail sur le claim durant ces deux années, il devient échu. Pour renouveler son droit de prospection sur un claim, le prospecteur doit payer à nouveau un permis pour chacun de ses claims et réaliser au moins 1200,00$ de travaux sur chacun (au sud du 52 ième parallèle), et ce pour les trois premiers renouvellement. Certaines aires sont soustraites au jalonnement, notamment certains parcs et réserves écologiques.
Pour en savoir plus sur les règles encadrant cette pratique ou pour mieux apprécier la situation qui concerne davantage votre région, je vous invite à consulter le site internet de gestion des titres miniers «GESTIM» du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNFQ).
L'énergie nucléaire
Le pétrole se fait plus rare et plus cher. L'éolien ne semble pas remplir ses promesses pour le moment. Les énergies faisant appel aux combustibles fossiles (pétrole et charbon) semblent responsables des effets de serre et des problèmes reliés au réchauffement climatique. L'hydroélectricité n'est pas à la portée de tous. C'est pourquoi de plus en plus de pays se tournent vers l'énergie nucléaire, l'énergie la plus propre d'un point de vue environnemental.
Le déclin du nucléaire observé dans les dernières décennies fut dû à quelques accidents de parcours, le plus éclatant étant celui de Tchernobyl. La technologie et les protocoles se sont grandement améliorés depuis. Il en est de même pour la gestion des déchets radioactifs, laquelle tend de plus en plus vers une réduction importante des déchets, voire même la valorisation de ces derniers.
L'énergie nucléaire est incontournable. Elle contribue déjà à 80% de l'énergie consommée en France, pour ne nommer que ce pays. Pour vous en rendre compte, je vous invite à consulter la page web du Groupe AREVA (www.areva.com), le géant français de l'énergie nucléaire. Vous apprendrez ce que vous désirez savoir sur le cycle de l'uranium.
Toutes les analyses prospectives démontrent que les générations qui vont nous succéder feront appel à l'énergie nucléaire. Cette tendance est réellement enclenchée depuis deux ans. C'est pourquoi le prix de l'uranium est passé d'environ 8,00$/livre à 43,00$/livre. L'exploration pour l'uranium est relancée de plus belle, partout dans le monde. Le Québec n'y échappe pas. Il présente un bon potentiel pour l'uranium et il connaît un rush de jalonnement depuis deux ans. À titre d'exemple, URANOR, la société pour laquelle OMÉGALPHA œuvre à titre de consultant, a dépensé plus de 600 000,00$ uniquement en permis d'exploration payés au MRNFQ depuis l'an passé.
L'uranium dans la région de Mont-Laurier
La région de Mont-Laurier est connue depuis plus de 50 ans pour son potentiel uranifère. Une lecture des anciens rapports vous aura vite convaincu de bien-fondé de la prospection pour l'uranium dans votre région. Ces anciennes données favorables à la présence d'uranium ont de plus été validées par un levé géochimique plus récent réalisé sur des sédiments de ruisseaux par le MRNFQ.
Je vous invite à consulter les rapports disponibles au MRNFQ pour vous rendre compte du potentiel uranifère de votre région. Il est bien réel.
Aussi une question de santé publique
Bien que le Gouvernement du Québec n'ait adopté aucune réglementation en la matière, le radon est un problème de santé publique reconnu dans les pays développés. Le radon qui nous intéresse est un gaz lourd naturel, produit de désintégration nucléaire appartenant à la chaîne de l'uranium. Ce gaz radioactif peut être inhalé. Il est reconnu comme une cause potentielle de cancer des poumons. Considérant les critères retenus pour l'étude pan-québécoise réalisée à la fin des années 90 pour évaluer le risque pour la santé relié au radon domiciliaire et les données actuelles disponibles au MRNFQ quant aux teneurs locales en uranium, la population aurait peut-être intérêt à mieux connaître les teneurs en uranium dans le sol de certains secteurs avant de s'y installer. Les responsables du développement démographique pourraient ainsi éviter un autre OKA.
Pour en savoir plus sur le radon, je vous invite à consulter le site web de la société française ALGADE (www.algade.com).
Conclusion
Compte tenu de l'état actuel des connaissances, rien ne laisse présager un développement minier à court et moyen terme sur votre territoire. Les teneurs en uranium sont un peu trop faibles pour une exploitation au prix actuel; le volume requis est loin d'avoir été démontré. Par contre. les retombées économiques des présentes activités d'exploration dans votre communauté sont loin d'être négligeables.
Devrais-je vendre ma maison? Rien, mais rien ne laisse actuellement présager que les immeubles pourraient connaître une dépréciation. Il n'y a aucune indication de mine en vue, loin de là. De plus, à mon avis, les secteurs les plus favorables pour l'uranium sont à l'extérieur des agglomérations et des principaux centres de villégiature.
Espérant avoir éclairé les résidents de la région sur les enjeux économiques et environnementaux réels en cause dans ce dossier.
Respectueusement,
Serge Genest, géo., Ph.D.
Au sujet de l'auteur de ce communiqué
Le Dr Serge Genest, docteur en géologie, est membre en règle de l'Ordre des Géologues du Québec (#577). Il a commencé à œuvrer en exploration de l'uranium en 1980. Il est un des rares experts en la matière au Québec et ses services sont retenus depuis 1999 par le Groupe AREVA pour diriger des travaux de prospection dans l'est du Canada. Le Groupe AREVA est une société d'état française dédiée à l'énergie nucléaire et regroupant près de 80 000 employés. Serge Genest est également connu des autorités pour ses travaux de prévention en santé environnementale relativement au radon domiciliaire.